Le Parisien : Tout n’est pas rose dans la ville des orchidées
jeudi 14 février 2008 par Hervé Suaudeau
Un article du Parisien paru ce jour annonce que l’élection municipale se fera sur ordinateurs de vote.
Voilà l’image de notre ville : La municipalité, dans Le Parisien d’aujourd’hui, se paye une demi-page de publicité sur la très belle et chère exposition sur les orchidées, véritable vitrine de notre commune aux quatre fleurs. Mais l’opacité des ordinateurs de vote d’Aulnay-sous-Bois, qui font le titre, au dessus de cette publicité, viennent malheureusement casser cette image idyllique.

- Supperposition de la publicité sur les orchidées et l’opacité du vote électronique
- Page complète du Parisien édition 93, 14 février 2008
Le maire ne tient pas ses propres promesses et surenchérit
Dans cet article, c’est officiel, le maire surenchérit en décidant d’avoir plus de machines. Comme nous l’annoncions déjà il y a un mois, le maire a lancé les démarches, revenant sur sa promesse d’attendre les instructions du ministère de l’intérieur [1].
Alors qu’en tant que député, notre maire avait la possibilité, comme un autre député l’a fait [2], de poser une question sur ces instructions, il a préféré ne pas attendre pour étendre le vote électronique à plus de bureaux.
Faut-il vraiment louer des machines qui sont rendues obsolètes parce qu’elles posent des problèmes [3] ?
Une pétition, oui mais...
Comme l’article du Parisien l’explique, Gérard Ségura, candidat socialiste à la municipale, a lancé le week-end dernier une pétition contre les ordinateurs de vote. Nous trouvons l’initiative intéressante mais souhaitons rappeler qu’il ne faudrait pas émietter nos actions et ne pas oublier le combat national. C’est pourquoi nous appelons chacun à ne pas oublier de signer la pétition nationale qui a presque atteint déjà 100 000 signatures sur le site ordinateurs-de-vote.org :
L’article complet

[1] Conseil municipal du 25 octobre 2007 - 0h50 - Gérard Gaudron : "Si le ministère nous dit qu’il n’y a pas de problème sous le soleil ou que nos machines sont fiables (...) on continuera à utiliser des machines"
[2] Question à l’Assemblée Nationale n° 8131, publiée au JO le : 22/01/2008
[3] Michèle Alliot-Marie a la sagesse de reconnaître que le vote électronique n’a pas « atteint le même stade de maturité et d’acceptation que le vote papier ».
Hervé Suaudeau
Articles de cet auteur
- Régionales : Des bulletins rendus quasi illisibles
- Election municipale : L’avis du rapporteur du Conseil d’État et ses conséquences
- France 5 se demande si l’on peut "truquer les élections" avec un reportage sur Aulnay
- Le Canard Enchaîné révèle d’autres fraudes au vote électronique
- Le Canard Enchaîné révèle des fraudes potentielles du vote par internet
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Les machines à voter sont une porte ouverte à la fraude indétectable9 mars 2008, par Frederik B.
Une machine à voter est un ordinateur exécutant un programme dont personne ne peut vérifier l’honnêteté car il est couvert par le secret industriel.
Si la machine a été programmée pour devenir malhonnête "sur demande" puis effacer toute trace de ce changement de comportement, personne ne pourra ni s’en rendre compte, ni en apporter la preuve devant les tribunaux puisque tout est dématérialisé.
Si un nombre important de machines sont "modifiées" très en amont (par exemple avec la complicité d’une personne travaillant chez le fabricant) on peut supposer que la tentation sera grande d’établir une liste secrète de mots de passe uniques pour chaque machine permettant à un électeur complice de donner à une machine l’ordre de se mettre à tricher jusqu’à un éventuel contre-ordre ou bien jusqu’à la fin du scrutin.
Attention, je ne dis pas que la fraude papier n’existe pas. La différence entre la fraude papier et la fraude électronique est que la première laisse des traces et est difficilement généralisable, alors que la seconde est facilement généralisable et ne laisse pas de traces si elle est "bien" faite. La fraude papier a toujours existé, et lorsqu’il sera possible de frauder avec l’informatique la fraude ne disparaîtra pas bien au contraire... En voici la démonstration :
L’informaticien qui travaille chez le fabricant n’aura aucune difficulté pour trafiquer les machines avant qu’elles sortent de l’usine ou bien à l’occasion d’une visite de maintenance en mairie. S’il ne travaille pas chez le fabricant, l’informaticien devra se procurer une machine, comprendre comment elle fonctionne, concevoir et écrire un programme similaire (mais trafiqué) et avoir des complices (par exemple des personnels de mairie) pour accéder à la machine pendant quelques minutes afin de remplacer le programme original par son programme trafiqué. Certains modèles de machines à voter peuvent être modifiés à l’aide d’un micro-ordinateur (PC) que l’on connecte à la machine à voter pendant le transfert du programme trafiqué. D’autres modèles peuvent être trafiqués en les ouvrant pour remplacer une puce avant de le refermer. Une fois ces "formalités" accomplies, la recette pour frauder peut être vendue à n’importe quel candidat souhaitant tricher dans un bureau de vote équipé d’une machine trafiquée.
Comme chaque machine à voter a un numéro de série unique, l’informaticien demande au candidat de lui donner les numéros de série des machines qui devront reconnaître l’ordre de se mettre à tricher. L’informaticien calcule alors pour chaque numéro de série le code secret qui permettra à la machine de reconnaître l’électeur complice. Comme ce code secret dépend du numéro de série de la machine, il ne fonctionnera que sur la machine correspondante. L’informaticien s’assure de cette façon l’exclusivité de la vente des codes secrets qui fonctionneront avec le modèle de machine qu’il aura trafiqué.
Passons maintenant aux détails pratiques. Comment un électeur complice du candidat malhonnête peut-il taper un code secret sur une machine à voter ? Réponse : en faisant semblant d’hésiter entre plusieurs candidats avant de valider son choix avec le candidat qui bénéficiera par la suite du coup de pouce.
Comment éviter que la triche ne soit détectée ? En respectant les règles élémentaires suivantes :
1) ne jamais "bourrer" une urne mais se contenter de "détourner" au profit du candidat malhonnête et seulement de temps en temps (par exemple une fois sur dix) une voix accordée à un autre candidat (tout en affichant les choix originaux des électeurs pour que ceux-ci n’en sachent rien).
2) bien "choisir" les candidats victimes (ceux dont la machine devra détourner une partie des voix) ; ceci peut être fait de façon très habile si on détourne les voix de candidats dont les électorats sont habituellement susceptibles de se reporter vers le candidat malhonnête.
Comment communiquer à la machine le nom du candidat victime ? Par exemple en choisissant son numéro juste avant celui du candidat à favoriser.
Comment éviter que les résultats ne soient trop différents de sondages ? En trichant juste un peu mais pas trop ou alors en achetant des sondages...
On voit donc que la généralisation des machines à voter permettrait très facilement de faire basculer les résultats d’une élection, et accessoirement de faire la fortune de quelques informaticiens peu scrupuleux.
Il y a des gens malhonnêtes dans toutes les professions. Pourquoi prendrions nous le risque de laisser à des informaticiens, des experts, des huissiers, ou des personnels de mairie le soin d’assurer la sécurité des machines et la vérification de leur bon fonctionnement ?
Vérifier que pour chaque candidat l’appui sur le bouton de son numéro provoque l’affichage du nom du candidat est une chose, vérifier que la machine est honnête en est une autre.
Tout citoyen doit être en mesure de vérifier lui même que les bulletins de vote de son bureau de vote sont tous pris en compte et comptés correctement ; et pour cela le code électoral n’impose à personne de faire confiance à des tiers (surtout si ce sont des informaticiens, experts, représentants d’un parti, élus, huissiers, employés de mairie) ni à une machine.
Certains fabricants de machines à voter ont cru (ou essayé de faire croire) que l’impression d’un ticket remis à l’électeur au moment du vote avec le nom du candidat choisi pouvait rassurer les électeurs et les mairies. Cette pratique, qui n’est d’ailleurs pas prévue par la loi, est très dangereuse car :
a) la "preuve" de vote n’a aucun intérêt puisqu’en cas de demande de vérification il faudrait demander à tous les électeurs de rapporter les tickets pour les mettre dans une urne classique afin de les compter manuellement (en espérant qu’il n’y ait pas de faux ticket) ;
b) cela permet à des candidats de proposer de fortes sommes d’argent aux électeurs qui leur rapporteront les tickets prouvant qu’ils ont "bien" voté.De même, l’adaptation des machines à voter pour qu’elles soient équipées d’imprimantes et/ou de lecteurs optiques est une arnaque : quel électeur accepterait d’appeler le président du bureau de vote pour expliquer qu’il a appuyé sur le bouton de son candidat mais que le bulletin qui s’imprime ne correspond pas ou bien qu’il y a eu "bourrage papier" pendant l’impression ?
L’utilisation des machines introduit une discrimination insupportable entre les électeurs qui seront en mesure (ou penseront l’être) de se convaincre que la machine est fiable (sans erreurs de programmation), honnête (le programme ne sait pas tricher) et inviolable (la machine est à l’abri de toute tentative de piratage) et l’électeur lambda.
De plus, le recours à des spécialistes pour l’exercice du droit de contrôle de la régularité d’un scrutin est illégal car selon le code électoral tout citoyen doit pouvoir s’assurer de lui même du bon déroulement des scrutins, et ceci sans qu’il n’ait besoin d’avoir des connaissances particulières.
Enfin, si les citoyens acceptaient de déléguer à des tiers le soin de vérifier qu’une élection est régulière, quelle serait la responsabilité de ces tiers en cas de mauvaise appréciation voire de malversations ?
Le vote papier est aujourd’hui le seul moyen permettant de s’assurer que dans la très grande majorité des bureaux de vote il n’y a pas de fraude, et que dans les bureaux de vote où il y en aurait elles seraient facilement détectées.
Heureusement l’émargement n’a pas encore été supprimé. Ce qui veut dire que si les machines à voter ne sont pas abandonnées, le seul moyen de protester sera de ne pas voter du tout ou bien voter blanc et le faire savoir publiquement.Avec les machines à voter les électeurs sont dépossédés de leurs droits car ils n’ont plus les moyens de s’assurer de la sincérité des résultats. Tandis qu’avec le vote papier même un enfant de 10 ans est capable de contrôler la régularité d’un scrutin.
Même si la très grande majorité des communes ne sont pas encore passées au vote électronique, il est essentiel que tous les électeurs manifestent leur attachement à l’urne transparente et aux bulletins papier afin que le vote électronique soit interdit à tous les scrutins politiques et professionnels. Il s’agit de la démocratie, pas d’un jeu télévisé. Je préfère attendre plusieurs heures pour avoir un résultat (même si je dois participer au dépouillement) plutôt que d’avoir un résultat instantanément mais dont personne ne peut savoir s’il est sincère.
J’encourage les électeurs qui seraient tentés de ne plus voter de se donner la peine de le faire (même si c’est pour voter blanc) afin que personne ne puisse prétendre que la politique n’intéresse plus les citoyens.
Aux électeurs privés de bulletin papier et indécis, je suggère qu’ils soutiennent les candidats qui ont pris des engagements pour (au moins) suspendre le vote électronique.
Merci de signer (et faire connaître) la pétition pour le maintien du vote papier :
www.votepapier.com







